Grippe aviaire : léleveuse Mélanie Dubois contrainte denfermer ses poules

Iszzya

02/11/2025

À Saint-Martin-le-Gaillard, Mélanie Dubois a refermé ses poulaillers. Depuis le 22 octobre, ses 2 000 poules pondeuses sont maintenues à l’intérieur après le relèvement du niveau de risque « élevé » pour la grippe aviaire, annoncé par arrêté au Journal officiel. Comme tous les éleveurs de volailles, elle doit confiner ses animaux pour limiter la propagation du virus.

Pour cette jeune avicultrice installée depuis quelques mois, la situation est un crève-cœur. Elle le dit sans détour: si elle a choisi ce métier, c’est pour voir ses poules dehors, en plein air, pas derrière des parois.

Stress et agressivité dans les bâtiments Habituées à gambader dans l’herbe, les volailles vivent mal l’enfermement. Mélanie raconte des comportements d’évasion: les poules se pressent contre les fenêtres et s’excitent dès qu’elle entre, parce qu’en temps normal, sa venue rime avec l’ouverture des trappes. Surtout, l’agressivité monte entre congénères: coups de bec, déplumage, bousculades… des tensions qui peuvent aller jusqu’à des blessures graves, voire la mort.

Pour occuper ses poules et réduire la nervosité, elle multiplie les enrichissements dans les bâtiments: ballots de paille, chaînettes, bidons, tout ce qui peut détourner leur attention et canaliser leur énergie. Elle a aussi mis de côté un espace spécifique pour les plus fragiles. Environ trente poules ont été isolées pour les protéger du groupe, faute de pouvoir s’écarter au grand air comme elles le feraient d’ordinaire.

Moins d’œufs et qualité en baisse Le confinement a des conséquences directes sur la production. Au bout d’une semaine, Mélanie a constaté une chute d’environ 15 % de la ponte. Le stress se lit aussi dans la qualité: les jaunes sont moins éclatants chez des animaux privés d’extérieur et d’une alimentation plus variée. L’éleveuse espère une reprise progressive quand la phase de stress diminuera.

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Les ventes sur les marchés souffrent également, en partie à cause des craintes des clients. Elle tient à rassurer: selon elle, la grippe aviaire n’a pas d’impact sur les œufs vendus et il n’y a pas de danger pour les consommateurs.

Comment un foyer est détecté Dans un élevage, une mortalité qui atteint 5 % déclenche l’alerte. L’éleveur doit prévenir le vétérinaire sanitaire, qui intervient rapidement. Si la grippe aviaire est confirmée, la décision est radicale: l’abattage de tout le cheptel. C’est le scénario que Mélanie veut à tout prix éviter. Elle renforce donc la biosécurité, surveille ses volailles et veille à l’étanchéité des bâtiments pour empêcher tout contact avec des oiseaux sauvages.

La pression est d’autant plus forte qu’elle a démarré son activité en mars 2025. En cas de crise, redémarrer serait très difficile financièrement et les indemnisations peuvent prendre des années. Elle déplore aussi le relâchement de certains particuliers qui ne confinent pas leurs basses-cours, augmentant les risques pour les professionnels voisins.

Tout un élevage en jeu Un seul cas confirmé et l’intégralité des volailles serait abattue, quel que soit le bâtiment concerné. Pour Mélanie Dubois, ce serait une catastrophe humaine et économique. Elle attend donc avec impatience que le niveau d’alerte redescende et que les oiseaux migrateurs s’éloignent de la Normandie, afin de pouvoir rouvrir les trappes et laisser ses poulettes retrouver leurs prairies.

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